Comment se prépare-t-on à la retraite ?

 Comment se prépare-t-on à la retraite ?

Réfléchir à cette étape de changement qu’est le départ à la retraite constitue une démarche personnelle vécue différemment selon chacun.

L’étape charnière de la retraite se vit de façon bien différente en fonction de chacun. Sa dimension émotionnelle devrait d’ailleurs être envisagée, au même titre que son volet pécuniaire, pour l’aborder plus sereinement. La posture projetée face à ce changement varie cependant, selon qu’il est imposé par la vie ou lorsqu’il est planifié.

« C’est une transition importante, explique la coach personnelle et professionnelle, Carole Thériault. Jadis, le réflexe naturel, quand on pensait à préparer sa retraite, on y songeait simplement du point de vue financier. On mettait peu l’accent sur la préparation psychologique et émotionnelle. »

La posture individuelle de chacun varie d’un individu à l’autre, puisque la retraite ne désigne pas la même chose pour chacun.

« Souvent, le point de départ va être de regarder quand la personne réfléchit à la retraite, ajoute-t-elle. Qu’est-ce que ça signifie pour elle ? Quelle est la définition qu’elle en fait ? Il y a tout ce qui est véhiculé, mais on part de sa propre vision. »

Maintenant que le sens et les attentes sont identifiés, il reste à s’interroger sur sa mise en action. Il est alors temps de répondre à la question de ce que constitue une retraite heureuse pour chacun.

« De voir jusqu’à quel point une personne est capable de se projeter dans l’avenir, poursuit-elle. De savoir ce qu’elle a fait jusqu’à ce jour, en termes de préparation mentale, selon ce qu’elle est en mesure de présenter dans cette vision-là. Ça va nous permettre de définir comme coach quels sont les angles à approfondir pour aider la personne à avancer dans son cheminement. »

Mais la posture change selon le contexte, si la date de départ à la retraite est choisie ou bien si la vie l’impose, comme en situation de maladie ou d’un licenciement en fin de carrière.

« Les gens arrivent dans ce questionnement-là pour différents motifs. Par exemple, si le départ n’est pas très volontaire pour certaines raisons. Comme lorsque le poste de la personne va être supprimé, à la suite d’une mise à pied ou parce qu’elle a des problèmes de santé. Il y a alors des étapes de deuil, qu’on doit faire, de notre expérience, de notre parcours, pour être capable de vivre cette transition-là. »

En fonction du type de personnalité, la retraite se vivra sans se poser de questions. Alors que d’autres préféreront la planifier, certains se projettent en se disant « je vais enfin faire ce que j’ai toujours voulu faire ». Mais après l’euphorie de la nouveauté, plusieurs traverseront aussi une phase de désenchantement. 

Souvent, la peur du vide et de l’ennui ou le fait de se sentir inutile créent des inquiétudes. En effet, la durée de cette étape post-professionnelle s’est étendue avec le temps, avec plus du tiers d’une existence. L’espérance de vie a vu une augmentation du nombre de nonagénaires, accroissant du même coup la longueur de cette retraite tant méritée.

Si ce changement se vit comme si de rien n’était pour certains, il constitue un moment à planifier pour d’autres. La consultante considère que l’important consiste à découvrir qui l’on est, mais aussi de savoir comment expérimenter une retraite heureuse, en identifiant ses propres besoins.

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca