Diriger une banque alimentaire dans le non-jugement

 Diriger une banque alimentaire dans le non-jugement

À la Banque alimentaire de la Petite-Nation, la communauté aide à la distribution de denrées.

Qu’est-ce que ça implique de diriger une banque alimentaire en 2021? Avoir le cœur sur la main tout en regorgeant de créativité, voilà les critères importants selon deux dirigeantes de ce genre d’organismes en Outaouais.

Le premier critère d’embauche, selon la directrice de la Banque alimentaire de la Petite-Nation (BAPN), Nathalie Faubert, relève de sa capacité de s’abstenir de tout jugement. À cela s’ajoute beaucoup de patience, de débrouillardise et de bons instincts. « Ce genre de savoirs s’acquiert au fil d’une vie. Ce sont des compétences qui sont nécessaires à ceux qui œuvrent au sein d’un tel milieu », dit-elle.

Une journée dans les souliers de la dirigeante s’avère extrêmement diversifiée. Seule, elle gère cet organisme qui alimente en grande partie la Petite-Nation, sur le territoire de la MRC de Papineau. En poste depuis l’an dernier, elle a fusionné son ancien rôle d’agente de liaison à celui de directrice générale. « J’avais besoin de demeurer près des usagers. Sans cela, mon travail perd de son sens. »

Ce que constate avec consternation la dirigeante, c’est la gêne des gens qui sollicitent les services de l’organisme. « Un de nos bénéficiaires a voulu me rassurer l’autre jour que le mois prochain, ça irait mieux. Ce genre de propos m’inquiète, car si sa situation ne s’améliore pas, va-t-il me rappeler quand même? On doit passer notre temps à répéter que c’est correct de demander de l’aide. »

Mme Faubert avance que les usagers de la BAPN sont des êtres humains et que leur contexte peut être complexe. « Même si on livre de la nourriture à une grosse maison, admettons, on ne sait pas ce qui se passe à l’intérieur. » Elle rapporte qu’avec la pandémie actuelle, plusieurs ont pris conscience des problèmes qui peuvent assaillir une vie, à tout moment. Cela vient créer davantage de solidarité, selon elle.

Ces propos sont secondés par la directrice générale de La Mie de l’entraide, Anne Mercier. Celle qui dirige cette banque alimentaire du secteur Buckingham est d’avis qu’il y a un travail de conscientisation à faire quant au sort des gens qui souffrent de précarité, notamment sur le plan de l’alimentation. « Il peut s’agir d’une mère dont un des enfants est tombé gravement malade et qui doit donc quitter son emploi », indique-t-elle.

Cette dernière année, les banques alimentaires de la région ont été particulièrement sollicitées. Bouffe Pontiac, une banque située à l’ouest de l’Outaouais, a vu son nombre d’usagers considérablement grimper, au paroxysme de la crise sanitaire. Quant au Grenier des Collines, à Val-des-Monts, leurs paniers ont carrément doublé, et la tendance se maintient.

Il est possible de connaître l’organisme offrant de l’aide alimentaire le plus près de son domicile en consultant la carte interactive sur le site web moissonoutaouais.com.

Banque alimentaire
de la Petite-Nation

819 983-3191

bapn.ca

Le Grenier des Collines

819 457-1010

1 888 457-6426

legrenierdescollines.com

La Mie de l’entraide

819 281-3231

la-mie-de-lentraide.business.site

Bouffe Pontiac

819 648-2550

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca