La connaissance infinie de l’Université du troisième âge

 La connaissance infinie de l’Université du troisième âge

Une conférence donnée par l’UTAO, avant la pandémie actuelle.

L’Université du troisième âge en Outaouais (UTAO) poursuit sa mission de permettre aux gens de 50 ans et plus d’apprendre, cela même de façon virtuelle.

Depuis 2017, l’UTAO se développe dans la région de l’Outaouais, s’aventurant jusqu’à Ripon, dans la Petite-Nation, ou encore à Maniwaki. Elle est la 29e antenne de cette initiative née à Sherbrooke, s’étant désormais propagée dans 11 régions du Québec.

Toutefois, à l’image du reste du pays, la pandémie actuelle a ralenti son rythme. « Depuis le 13 mars 2020, date fatidique, nous avons dû cesser nos activités », rapporte la responsable de la programmation de l’UTAO, Ginette Mercier.

L’automne dernier, l’Université du troisième âge à Sherbrooke (UTA) rebondit en lançant un projet pilote, dans le but de tester la possibilité de mener ses classes en ligne. Environ 500 personnes se sont inscrites, partage Mme Mercier. L’hiver suivant, la branche outaouaise participe au lancement de leur première saison virtuelle, avec les 28 autres antennes universitaires.

Chacune d’entre elles propose deux à trois activités, se concrétisant sur la plateforme TEAMS. Philosophie et le bonheur est un des cours ayant été suggérés par l’UTAO. Dispensé par le professeur Antoine Dabrowski du Collège des Dominicains d’Ottawa, approximativement 200 personnes étaient au rendez-vous.

« C’était passionnant, raconte la programmatrice. M. Dabrowski a survolé les philosophes de notre histoire. Nous avons ainsi gagné de la perspective sur ce que nous traversons actuellement. On est dans une super belle région, on a énormément de ressources, en Outaouais. Nous sommes heureux d’en faire bénéficier l’UTA. »

Hormis le hiatus de l’année 2020, la programmation de l’UTAO se divise généralement en deux sessions annuelles, soit une à l’automne et l’autre en hiver. Les cours et conférences diffèrent d’année en année, à l’exception de quelques classes magistrales qui reviennent, à la demande des membres.

Mme Mercier, membre de la cohorte fondatrice de ce lieu d’apprentissage mobile, fait savoir qu’un de leur principe premier est celui de donner accès au savoir en se déplaçant vers les apprenants, lorsque cela est possible.

Toutefois, la mise en ligne de leurs activités leur a fait rencontrer une nouvelle clientèle. « On pense souvent que les gens âgés ont de la difficulté à se brancher, mais ils y arrivent. Nous nous sommes rendu compte que plusieurs personnes âgées, limitées dans leurs déplacements, étaient très intéressées par nos activités. Ainsi, l’UTA compte conserver un volet virtuel à leur programmation ces prochaines années. »

L’UTAO réfléchit déjà à ce qu’elle prévoit offrir lors de ses prochaines sessions. Les thématiques les plus convoitées sont l’histoire, la sociologie, la science, les arts et la culture. « C’est ce que les gens aiment le plus. Toutefois, nous nous renouvelons constamment, demeurant à l’affût de l’actualité, de questions concernant les nouvelles énergies, par exemple. »

Ce sont aussi les sujets de prédilection de l’apprenante de 59 ans, anciennement fonctionnaire, Brigitte Leduc, en y ajoutant la biologie, la géologie et la génétique. D’ailleurs, elle navigue excessivement bien dans la diversité des leçons offertes.

« Je peux explorer, oser. J’aime le fait que ça varie beaucoup. C’est plaisant de ne pas être obligée de suivre tel ou tel cours, comme lorsque j’étais plus jeune, parce que c’est inscrit au programme. Cela me stimule énormément. La liberté d’apprendre, finalement. »

Celle qui détestait l’histoire en est maintenant une fan finie, affirme-t-elle.

Cette école est aussi l’occasion, pour Mme Leduc, de croiser des gens qui partagent des intérêts similaires. Par ailleurs, quelques autres filles et elle ont décidé de démarrer un groupe littéraire qui se rencontre de temps à autre à l’extérieur des heures de cours.

La programmatrice comme l’apprenti espèrent que les prochaines classes se donneront en présentiel, afin d’y retrouver les 300 étudiants qui fréquentent habituellement cette université réunissant plusieurs sages de l’Outaouais.

Université du troisième âge

819 821-8000

usherbrooke.ca/uta

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca