La crise du logement sévit en Outaouais

 La crise du logement sévit en Outaouais

Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, en pleine action.

Selon l’organisme Logemen’occupe, une crise majeure du logement assaille actuellement l’Outaouais, exacerbée par la pandémie actuelle, mais aussi par le manque d’investissement en logements sociaux.

Non seulement il est présentement difficile de se loger, mais la situation est d’autant plus préoccupante pour les familles nombreuses ou les mères monoparentales, s’inquiète le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy.

« Le portrait n’est pas très « jojo », commente-t-il. Malgré une construction immobilière record à Gatineau l’an dernier, les habitations ne sont pas abordables. De toute manière, la demande est encore bien supérieure à l’offre. »

L’organisme dispose de cinq logis de dépannage, de deux ou trois chambres à coucher. Mais son rôle est surtout de défendre les droits des moins nantis qui luttent pour avoir accès à un toit.

« Plusieurs personnes qui font affaire avec la Régie du logement finissent par nous appeler, ce qui est un problème. Nous sommes une petite équipe de quatre. Il nous faudrait le triple des effectifs afin de pouvoir répondre à la demande. »

Cette initiative de soutien, nettement sous-financée selon M. Roy, gère 1 500 à 2 000 appels téléphoniques par année. En collaboration avec divers organismes, elle accompagne les individus et surtout les les familles pour se trouver un habitat abordable.

M. Roy explique ce qui définit un ménage précaire. « Une ou des personnes qui ont un besoin impérieux de logement. Soit des gens dont 30 % de la rémunération sert à payer leur loyer, qui habitent dans de mauvaises conditions ou encore qui sont dans une situation de surpeuplement, soit un clan nombreux dans un espace restreint. »

En Outaouais, 7 000 foyers dépensent plus de 50 % de leur revenu pour la location d’un gîte, 3 500 voient un peu plus de 80 % de leurs entrées satisfaire ces frais. Aussi, plus de 1 000 logis sont attendus et espérés par des personnes dans le besoin.

« Annuellement, nous voyons une petite centaine d’appartements abordables s’ériger dans la région. À ce rythme-là, la crise va perdurer. Quant aux promoteurs privés, ils ne fournissent pas de loyers à prix modiques. En ce moment, un deux chambres au centre-ville peut coûter presque 2 000 $ », soutient-il.

Selon lui, les investissements des gouvernements fédéral et provincial ne font pas le poids. « Il s’agit de sommes ridicules. Depuis 1994, le gouvernement fédéral ne fait plus sa part. En ce qui concerne la province, elle ne fait pas tellement davantage. »

Pourtant, le défenseur des droits au logement fait valoir que le pays s’était engagé auprès de l’ONU afin d’enrayer cette problématique. « Il faudrait qu’il injecte deux milliards de dollars à la largeur du pays. La crise est généralisée, surtout dans les centres urbains. »

Ce service d’aide au logement agit principalement à Gatineau, même s’il aimerait aider partout en Outaouais. « Nous manquons de ressources pour couvrir le territoire. Toutefois, si une situation dramatique se présente à Maniwaki, et que nous ne sommes pas pris ailleurs, nous allons intervenir sans problème. »

Tant que nous ne changerons pas de régime sociétaire, M. Roy craint que la situation ne se règle de sitôt. « Nous devons cesser de concevoir notre habitat comme une marchandise. Les coopératives sont des modèles d’avenir déjà plus intéressants. »

Il cite la ville de Vienne, à l’instar d’autres endroits d’Europe, où les locations à prix abordables semblent beaucoup plus répandues. « Là-bas, 60 % des lieux d’habitation sont des logements sociaux, contrairement à 10 % ici, au Canada. »

Logemen’occupe

819 246-6644

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca