La scolarité autrement avec l’école à la maison

 La scolarité autrement avec l’école à la maison

Si une famille choisit de scolariser son enfant à la maison, en dehors du contexte actuel de la COVID-19, la démarche passe par le centre de services scolaire du lieu de résidence.

En Outaouais, 43 911 élèves fréquentent un établissement d’enseignement francophone primaire ou secondaire, d’un des quatre centres de services scolaires du territoire. D’autres parents ont choisi de faire l’école à la maison. Chaque année, la question de scolariser son enfant se pose, certains vont même décider de déménager pour être assurés de les envoyer dans celle de leur quartier de prédilection. Si la Loi sur l’instruction publique oblige d’intégrer le système de la maternelle à la majorité, le lieu offre certaines latitudes. L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) constitue l’une des ressources de soutien pour les familles qui s’engagent dans cette voie.

« Il y a 627 membres dans notre groupe régional, mentionne la représentante de l’AQED, Émilie Salesse Gauthier. Mais, il n’y a manifestement pas 627 familles qui font l’école à la maison et 340 anglophones. »

La Loi sur l’instruction publique prévoit d’ailleurs « qu’un enfant qui reçoit à la maison un enseignement approprié est dispensé de l’obligation de fréquenter une école, pourvu que soient remplies certaines conditions, principalement celles relatives à l’avis écrit à cet effet, au projet d’apprentissage et au suivi de sa progression au cours de sa mise en œuvre! »

L’école à la maison, résultat d’une exemption scolaire, n’entre pas en compte, dans le cadre de cet article. L’enseignement à domicile provient d’une posture volontaire de la part du parent. Elle constitue une réponse à des valeurs individuelles ou des considérations personnelles.

Si une famille choisit de scolariser son enfant à la maison, en dehors du contexte actuel de la COVID-19, la démarche passe par le centre de services scolaire (CSS) du lieu de résidence.

Le ministère de l’Éducation assure son suivi par l’intermédiaire de la Direction de l’enseignement à la maison (DEM). Celle-ci joue, entre autres, un rôle-conseil, notamment au regard des activités, des ressources pédagogiques et des programmes d’études ministériels.

Le centre de services scolaire doit, quant à lui, offrir du soutien à l’enfant. Cette aide se traduit par l’accessibilité à divers documents et informations dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’apprentissage et de l’évaluation de la progression de l’enfant.

En outre, la directrice de l’AQED, Noémi Berlus, soulignait l’importance légale du choix à l’instruction et ses contraintes, dans un communiqué de presse en 2020.

« Il est dans le droit de tout parent d’enseigner à son enfant. Vous n’avez à demander la permission ni au ministère ni au centre de services scolaire. Mais, selon la loi, vous devez vous enregistrer avec la DEM et les informer, dans les 10 jours suivant la sortie de l’enfant du réseau scolaire. Vous pouvez le faire à tout moment dans l’année scolaire. »

D’une manière générale, un parent souhaitant enseigner à domicile à son enfant devra respecter quatre étapes.

Tout d’abord, le parent doit adresser un avis écrit au ministre et au CSS du lieu de résidence au plus tard le 1er juillet de chaque année.

Le parent-éducateur doit alors transmettre à la DEM, le projet d’apprentissage de l’enfant avant le 30 septembre, chaque année. Il devra dès lors s’y atteler à compter de cette date.

À mi-parcours, il faudra consigner l’état de situation du projet d’apprentissage et l’expédier entre le troisième et le cinquième mois du début. Un bilan, décrivant la progression de l’enfant, devra également être produit pour cette même période.

Cette démarche devra aussi être fournie en fin d’année, pour le 15 juin.

Dans son guide d’accompagnement, le ministère de l’Éducation précise que différentes ressources sont offertes par le centre de services scolaire.

« De leur côté, ils assurent à l’enfant qui reçoit un enseignement à la maison, à la demande de ses parents et selon les modalités qu’elles déterminent, une utilisation gracieuse :

  • aux manuels scolaires qui sont acceptés par les directeurs d’écoles et qui sont nécessaires pour l’enseignement;
  • au matériel didactique qui est offert gratuitement, qui est approuvé par l’administration scolaire et qui est requis pour l’enseignement, sous réserve de sa disponibilité;
  • à certains services complémentaires, sous réserve de leur accessibilité et en tenant compte des besoins de l’enfant
  • à certaines ressources et à certains équipements liés à leur utilisation dans au moins une de leurs écoles, sous réserve de la disponibilité de ceux-ci. »

Les quatre centres de services scolaires de l’Outaouais ont transmis les statistiques de leurs effectifs d’enfants scolarisés à domicile, au moment du congé de mars 2021.

Le ratio y varie de 0,67 % à 1,47 %. Si le CSS au Cœur-des-Vallées compte 69 élèves en enseignement à domicile, celui des Hauts-Bois-de-l’Outaouais en dénombre 32. Sur le territoire de celui des Draveurs, il concerne 121 jeunes et 139 d’entre eux, pour celui des Portages-de-l’Outaouais.

Ce dernier représente 40 % de l’effectif scolarisé dans un établissement en Outaouais, avec près de 17 442 étudiants. Le Centre de services scolaire des Draveurs en comprend, quant à lui, 17 916. Les CSS au Cœur-des-Vallées avec 6 403 écoliers et les Hauts-Bois-de-l’Outaouais avec 2150 élèves, cumulent 20 % de l’effectif régional, soit 8 553 inscrits.

À la lumière de ces données statistiques, il semble que l’école à la maison équivaut à moins de 1 % de l’ensemble des apprenants du primaire et du secondaire en Outaouais. Il offre cependant une alternative aux parents dans leur choix.

Association québécoise pour l’éducation à domicile

soutien@aqed.qc.ca
aqed.qc.ca

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca