LES ESPÈCES RARES SE MULTIPLIENT DANS LA BOUCHE DES ENFANTS

 LES ESPÈCES RARES SE MULTIPLIENT DANS LA BOUCHE DES ENFANTS
Le projet Toi mon espèce rare, propulsé par la Coopérative de solidarité des Forêts et des Gens, met en contact étudiants et êtres vivants menacés.

Initié à Ripon, dans la Petite-Nation en Outaouais, l’initiative s’invite désormais dans toutes les écoles du Québec. Il s’agit d’une démarche autonome pouvant être réalisée partout, grâce à un guide créé par la coopérative en question.

De plus, dans le cadre de la Grande Marche pour la Protection des Forêts, ayant eu lieu cet automne, un appel a été lancé aux élèves québécois afin qu’ils produisent des dessins des espèces rares qui leur sont chers.

Cette marche, aussi appuyée par la Coopérative de solidarité des Forêts et des Gens, a sillonné toute la province afin de revendiquer le protection d’une centaine d’aires dites protégées, dans le sud du Québec.

Ces dessins ont été présentés aux ministres du gouvernement québécois, rencontrés dans la capitale, afin de les convaincre de maintenir leur promesse de protection des aires protégées dont il est question.

UNE CONNEXION NATURELLE

Le projet Toi mon espèce rare porte sur l’éventuelle extinction de la faune et la flore du territoire. Des spécimens étant considérés à risque de disparaître sont présentés aux étudiants, qui en choisissent un afin d’apprendre à mieux le connaître, pour ensuite transmettre ce qu’ils ont appris à leur camarades de classe.

« Les élèves sont invités à piger le nom d’une espèce rare au sein de leur localité. Ensuite, ils partent à sa rencontre afin de comprendre comment elle existe dans l’écosystème. Puis, ils identifient les éventuelles menaces et ce qui peut l’aider à continuer de croitre », vulgarise la co-fondatrice de la Coopérative de la forêt et des gens, Jolyane Lamontagne.

Il peut s’agir de végétaux, d’insectes et d’animaux. Dans la région, nous pouvons trouver la paruline azurée, dont seulement une trentaine de couples subsisteraient dans le sud du Québec, habitant exclusivement les forêts qui n’ont pas été coupées. À elle se joint plusieurs autres, dont l’érable noir, l’ail des bois…

« Chaque équipe fait la connaissance d’une espèce. Ensuite, les groupes échangent sur leurs expériences. Il est suggéré de mener ces conversations à l’extérieur, à même le lieu d’exploration du territoire », poursuit Mme Lamontagne.

Un connaisseur de la nature se greffe à la classe verte afin de fournir l’information requise. « Notre programme est clé en main et il est entièrement gratuit. La seule dépense pouvant être encourue est celle de l’embauche d’un expert en environnement, mais ça ne devrait pas dépasser les 500 $. Il n’y a donc aucun frein budgétaire à accueillir une telle proposition. »

Lors du premier essai à Ripon, un film a également été tourné. Celui-ci a ensuite été présenté aux élus de la MRC Papineau, dans le cadre de la Stratégie de conservation de la biodiversité. Les décideurs ont été captés, à leur tour, question de recueillir leurs réactions en voyant les images.

« Les 24 maires de la MRC, à l’unanimité, ont voté pour la Stratégie de conservation de la biodiversité et pour l’officialisation de l’aire protégée locale, la magnifique forêt Mashkiki. Atteindre le consensus, c’est rare qu’on voit ça en politique. »

Par ailleurs, les étudiants sont euxmêmes tous convaincus de l’importance de la sauvegarde de ces êtres vivants menacés. « Bien sûr, lorsqu’on conscientise les jeunes à ces réalités, cela peut susciter de l’inquiétude chez eux. Cependant, on ressent aussi énormément d’espoir. Parce qu’ils croient qu’il y a des solutions. Si on leur présentait la situation en leur disant qu’il est trop tard pour agir, ce serait sûrement différent. »

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca