UN NOUVEAU REGROUPEMENT CONVERGE AUTOUR DES ENSEIGNEMENTS AUTOCHTONES

La Communauté Autochtone Petite-Nation (CAPN), constituée d’Autochtones, Métis et d’alliés, a tenu ses toutes premières activités cette année, prônant le désir de se rassembler autour d’enseignements ancestraux.

Après avoir célébré le Solstice d’été en petit comité, pandémie oblige, la CAPN a tenu, peu après, un premier atelier concernant la spiritualité des premiers peuples.

Offert par la kokoum, ou grand-mère, Saiga, cette femme-médecine a partagé certaines bases quant à la culture autochtone, telle que la roue de médecine ou encore les animaux totems, sur le site sacré de la communauté, situé à Saint-André-Avellin.

« Nous allumons le 8e feu », dit celle qui qui a été l’adepte du fameux William Commanda, chef spirituel de la communauté de Kitigan Zibi.

« C’est ce que William Commanda annonçait, le ralliement de tous les peuples. Cela fait partie de nos prophéties. Puisque nous détenons une culture orale, notre bagage culturel et spirituel est encore intact. »

Par ailleurs, c’est à un des rassemblements tenus par M. Commanda que Saiga et le coordonnateur du CAPN, Gino Salotti, se sont connus. Ils auront, par la suite, eu la chance de se croiser dans divers regroupements du genre.

À ce titre, rappelons-nous le pow-wow du Peuple Weskarinis de la Petite-Nation, en 2019. Ce regroupement a été l’occasion pour ces deux adeptes de la voie rouge d’offrir une célébration dont plusieurs se souviennent encore.

Quant à la journée animée par Saiga avec le CAPN, elle a été extrêmement dense, s’échelonnant sur plusieurs heures, sous un soleil fondant. La grand-mère répondait tantôt aux criquets, tantôt aux oiseaux, offrant plumes, plantes et fumées, un feu crépitant au centre du cercle.

Un grand moment pour ceux qui s’intéressent à la culture des Premières Nations.

« Nous sommes ouverts à tous ceux qui ont le coeur rouge, fait valoir M. Salotti. Ceux qui souhaitent apprendre des pratiques autochtones et prendre conscience de la situation planétaire dans laquelle nous nous trouvons. »

La CAPN s’est dotée d’un terrain privé où ils exercent leurs enseignements et pratiques. Ils souhaitent également y ériger leurs structures traditionnelles. C’est grâce à l’organisme Arbre en soi, détenteur de la terre, que le regroupement peut ainsi se consacrer à ses activités.

« Nous avons sacralisé le site lors de notre cérémonie du Solstice d’été, explique M. Salotti. Celle qui voit aux rites pratiqués par la communauté, Jade Chabot, a été chargée d’orchestrer cette première initiation. »

BÂTIR POUR RESTER

Puis, une deuxième journée de formation prend place. Des amis d’une communauté voisine viennent accompagner la CAPN dans la construction d’un wigwam traditionnel.

Le public est alors invité à récolter des perches de quelques pouces de diamètre destinées à édifier cette structure millénaire, maison traditionnelle des Anishnabes.

François Désilets, un Métis de la Réserve faunique la Vérendrye, a voué quatre jours d’enseignement afin de mettre au monde ce dôme ancien. L’homme construit ce genre d’habitacle depuis une vingtaine d’années maintenant.

Par vagues, des habitants de la Petite- Nation et d’ailleurs sont venus apprendre comment faire, tout en mettant la main à la pâte. Une fois l’ossature du wigwam formée et la leçon intégrée, d’autres rencontres sont prévues afin de fignoler le chef-d’oeuvre.

D’autres habitacles jaillissent dans le paysage local, dont le traditionnel tipi ainsi que la hutte de sudation. Suite à leur dernier rassemblement autour de l’Équinoxe et de la pleine lune, la CAPN se prépare à l’hiver qui vient.

C’est dans cet esprit que des derniers travaux prennent place afin d’emmitoufler les lieux pour qu’une autre série de rencontres émerge la saison prochaine.

Pour demeurer informé des activités de la CAPN et pour y prendre part, rendez-vous sur sa page Facebook. Il est aussi possible de contacter les organisateurs par courriel à capn.qc@gmail.com.

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca