SOCIÉTÉ ALZHEIMER OUTAOUAIS ACCOMPAGNE LES FAMILLES CONCERNÉES PAR CETTE MALADIE NEUROCOGNITIVE

 SOCIÉTÉ ALZHEIMER OUTAOUAIS ACCOMPAGNE LES FAMILLES CONCERNÉES PAR CETTE MALADIE NEUROCOGNITIVE
Avec le temps, les pensées s’envolent parfois, si certaines circonstances s’apparentent à des étourderies, d’autres indiquent des symptômes d’une possible dégénérescence annoncée.

La Société Alzheimer Outaouais offre parmi ses services celui de pouvoir se renseigner pour soi ou pour un proche. Cette prise d’information permettra de démêler inquiétudes et questionnements pour mieux aiguiller les gens dans leurs démarches.

« Pour avoir les services chez nous, les personnes doivent passer par l’intermédiaire d’un conseiller aux familles, mentionne la coordonnatrice des services et des bénévoles, Karine Dunnigan. Que ce soit pour du soutien, de la formation, de l’accompagnement, les services de répit, c’est vraiment la porte d’entrée pour toutes les démarches de services. »

Le conseiller aux familles va alors être en mesure de brosser le portrait des besoins du proche aidant comme de la personne atteinte. La Société Alzheimer Outaouais dessert les deux clientèles.

Le service de soutien s’avère une activité majeure pour l’organisme. Les ateliers de formation constituent un second volet à la palette de possibilités offertes par l’organisme.

« Ça devient la boîte à outils par excellence du proche aidant, expliquet- elle. Qu’est-ce la maladie ? Qu’est-ce qui va se passer ? Quelles sont mes ressources ? À quoi, il faut que je pense ? À quoi dois-je m’attendre ? Il peut développer son réseau d’aide. Le rôle du conseiller et celui du formateur vont être de créer un filet de sécurité autour de chaque proche aidant qui va transiger ici. »

L’objectif de cette démarche de s’outiller va ainsi leur permettre de mieux faire face à la situation. Elle peut également aider à identifier les organismes auxquels ils doivent faire des demandes en vue de services supplémentaires.

Il n’est pas rare de perdre ses clés et de manquer d’attention avec l’âge. Cependant, certaines situations peuvent amener à se questionner sur cette maladie dégénérative.

« Dix à quinze % de cas sont héréditaires, précise la coordonnatrice. C’est sûr que lorsque nos deux parents sont atteints, qu’ils aient eu un diagnostic de maladie avant l’âge de 65 ans, il y a plus de chance que ce soit la forme héréditaire. »

Selon elle, malgré cette prédisposition, il est cependant possible d’agir pour amoindrir les symptômes ou du moins en repousser l’apparition.

« L’hygiène de vie, de bien manger, de faire de l’exercice, de garder son cerveau stimulé vont aider. Si l’on prend toujours un chemin pour se rendre de la maison au travail, et retour, sans changement, un moment donné, lorsqu’il y aura un détour à faire, on va être sur la panique parce qu’on ne saura pas trop où s’en aller.

La maladie va créer des détours obligatoires pour le transport du message. Si le cerveau n’est pas habitué à faire autrement pour rendre le message à la même destination, c’est là qu’on commence à avoir des problèmes. »

Se tenir occuper contribue donc à cette stimulation cognitive, notamment en participant à des activités sociales et intellectuelles, comme d’apprendre une nouvelle langue.

« Si l’on a de la distraction régulière, qu’on ait cherché ses clés toute sa vie, c’est correct, même à 70 ans, poursuitelle. Mais, si ça fait plusieurs fois que la personne met du sel au lieu de son sucre dans le café. Maman veut faire sa recette de sauce à spaghetti, mais ne se rappelle plus comment la faire. »

Ces exemples peuvent être des indicateurs de consulter un médecin, mais il faut aussi s’assurer que ce ne sont pas des raisons autres qu’un trouble neurocognitif comme l’Alzheimer qui l’explique.

« C’est de voir la personne dans son quotidien, elle était comment. Maintenant, ses comportements sont comment. La personne très calme très posée qui soudainement pique de grandes crises de colère, est violente verbalement. Qu’on se demande ce qui lui prend et que ça arrive de plus en plus souvent. On ne reconnaît pas la personne, là-dedans. Ça peut être une raison de consulter. »

Les signes précurseurs de la maladie d’Alzheimer sont expliqués sur le site internet de l’organisme.

Dans un autre ordre d’idées, l’un des défis de la Société Alzheimer Outaouais s’avère son financement. En effet, celuici reste névralgique pour assurer des services de qualité, mais aussi pour garder sa main-d’oeuvre et poursuivre ses activités à moyen terme.

« Nous sommes subventionnés à environ 75 %, à 25 % de dons incluant la philanthropie, souligne Karine Dunnigan. On est quand même chanceux. En revanche, les montants attribués en subventions ne sont garantis que trois ans. Ensuite, on ne sait pas ce qui va se passer. »

La pandémie a démontré le caractère essentiel des organismes comme la Société Alzheimer Outaouais.

« Si l’on n’est pas là, c’est une lourdeur qui va s’ajouter sur le système de santé, déjà à bout de souffle. Pour qu’on soit capable d’aider le réseau d’aide sociale, il faut qu’on soit capable de continuer de fonctionner. Pour ça, ça nous prend de l’argent, pour les effectifs nécessaires. »

Même si bon nombre de partenaires sont fidèles au poste, la COVID-19 a eu un impact sur les dons accordés à l’organisme. Si le budget annuel s’élève à 1,7 M$, la Société Alzheimer Outaouais souffre d’un manque à gagner de près de 60 000 $.

Société Alzheimer Outaouais
819 777-4232
1 877 777-0888
alzheimeroutaouais.com

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca