LE JARDINAGE POUR PALLIER AU DÉCROCHAGE

 LE JARDINAGE POUR PALLIER AU DÉCROCHAGE
Le Jardin Éducatif du Pontiac est une action communautaire autonome qui enseigne le jardinage biologique afin d’aider les jeunes à se raccrocher à la réalité.

Il s’agit d’un projet quelque peu précurseur, né en 1989. D’abord, ce projet de jardin éducatif s’est constitué en camp d’été destiné aux individus éprouvant des difficultés d’apprentissage. Or, depuis les années 2000, un programme d’aide scolaire a été mis sur pied, élargissant l’offre de l’organisme de Pontiac.

Il y a cinq ans, Martin Riopel intègre l’équipe, d’abord comme jardinier puis, peu après, comme directeur général. Or, il continuera à s’impliquer au jardin jusqu’à ce qu’il trouve suffisamment de fonds pour pouvoir déléguer ses tâches et se consacrer entièrement à la gestion de l’organisme, ainsi qu’à son rayonnement.

M. Riopel avoue qu’à son arrivée, l’enveloppe budgétaire était plutôt mince. Aujourd’hui, il se réjouit d’avoir fait plus que doubler les effectifs, même s’il espère que le gouvernement investira davantage dans les services communautaires du Québec. « Le tissu social dépend de nous », exprimet- il, faisant référence au milieu communautaire.

PRÉVENIR VAUT MIEUX QUE DE NE PAS GUÉRIR

Ces dernières années, le directeur général explique que de nouvelles stratégies tentent d’être mises de l’avant afin de « redorer l’image » de l’organisme, le Jardin Éducatif de Pontiac étant parfois perçu, à tort croit-il, comme « une prison pour jeunes » par des membres de la communauté locale.

« Nous mettons de l’avant une approche préventive avec les écoles. C’est-à-dire qu’on leur demande de nous envoyer l’élève en difficulté avant que la situation dégénère et que notre lieu devienne une option de dernier recours », explique-t-il.

Une autre initative visant à créer des collaborations constructives avec les étudiants est d’offrir un service externe toute l’année. C’est ainsi que des interventions ciblées prennent place au sein des écoles, depuis 2019.

« On intègre surtout cette pratique dans les écoles primaires, où nous voulons éviter d’avoir à extraire l’enfant de son milieu pour ne pas le marginaliser davantage. »

Des ateliers de jardinage sont également offerts aux écoles, afin d’extrapoler la philosophie de l’organisme au sein des divers lieux scolaires.

POURQUOI LE JARDINAGE ?

Alors que nous voyons de plus en plus d’initiatives vertes susciter l’intérêt de la population, dont la nouvelle génération, le travail de la terre semble tout désigné pour susciter l’intérêt d’apprentis ayant perdu l’appétit d’apprendre.

M. Riopel élabore sur ce sujet. « D’abord, le jardinage fait travailler la patience. On ne peut pas aller plus vite que la plante, que l’arbre. Cela diminue le stress chez certains de nos participants, ils sont moins pressés d’aller rapidement. Puis, plusieurs étant déconnectés d’euxmêmes, cela les ramène à quelque chose de concret. Plusieurs ignorent que, pour faire pousser une patate, il faut planter un morceau de celle-ci dans un trou. De plus, manger sainement peut avoir un grand effet positif sur notre fonctionnement. »

Au passage, le directeur souligne que la MRC de Pontiac « est un des territoires québécois les plus dévitalisés. » Ainsi, la malnutrition est une problématique connue.

Autre avantage de l’agriculture, on y apprend qu’à plusieurs, on peut réaliser de grandes choses, poursuit l’ancien jardinier. « Ça va vite transplanter les salades quand on est nombreux. On se rend donc compte, en travaillant au jardin, que collaborer en équipe est avantageux. »

Les activités d’accompagnement du Jardin Éducatif de Pontiac se poursuivront toute l’année et le camp d’été annuel aura lieu l’an prochain. À noter que pendant la période estivale, des légumes sont également vendus sur place. Les bénévoles qui souhaitent joindre l’équipe sont les bienvenues.

Jardin Éducatif du Pontiac
819 648-5402
jepontiac.org

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca