LA COMMUNICATION NON VIOLENTE AU COEUR DES VALEURS DE CAP SANTÉ OUTAOUAIS

L’organisme communautaire CAP Santé Outaouais s’est donné la mission de promouvoir la santé mentale et le mieux-être des personnes et des collectivités, notamment en agissant en amont des problèmes. Les valeurs de cet organisme à but non lucratif s’articulent autour de sa croyance dans le potentiel humain, l’engagement volontaire, les actions durables, la synergie et l’empathie.

Dans son répertoire de groupe d’aides, l’un d’entre eux porte sur la communication et plus particulièrement sur un langage de vie, la communication non violente (CNV).

« À CAP Santé, on appelle ça le cours d’écoute empathique, explique l’animatrice de l’atelier, Sylvie. La CNV pour moi, c’est un outil utile pour la relation envers soi-même et avec les autres. Comment construire au lieu de détruire ? Et puis ça se fait dans tous les domaines. Chacun a des besoins. Chacun d’eux est égal. Comment alors faire pour être à l’écoute d’autrui et de soi ? »

L’instigateur de la communication non violente, Marshall Rosenberg, préconise quatre étapes. Cette façon d’interagir se fonde sur des qualités telles que l’empathie, la compassion et le respect. Cet outil verbal peut en outre servir à résoudre les conflits, mais aussi à mieux comprendre ses propres besoins.

Parlant de la prise de conscience de cette approche, l’intervenante pratique donc l’écoute empathique en adoptant la formule de Marshall Rosenberg.

• L’observation consiste à rester dans les faits. Dans cette optique, une vue objective de la situation doit se faire en mettant de côté jugements et évaluations.

• Les émotions amènent à s’interroger sur soi, notamment à travers la question : qu’est-ce que je ressens là maintenant ? Il s’agit alors d’identifier quelle sensation éveille la situation. La difficulté demeure alors de les distinguer d’une interprétation ou d’un jugement.

• Un besoin émergera de cette introspection qu’il faudra alors reconnaître en pleine conscience. Cette écoute de soi conduit alors au quatrième précepte.

• La demande bienveillante qui en résulte permet aux deux d’interagir de façon positive.

« Quand on reçoit un message, il y a quatre manières d’y répondre, ajoute l’intervenante. Quelqu’un rentre dans la pièce et dit “Sylvie, tu es une idiote”. »

La personne pourra alors choisir d’être dans le jugement envers elle-même ou bien en le retournant contre son interlocuteur.

« Je peux l’accueillir en disant “ils ont bien raison, je suis une idiote”. Là, on s’attaque soi-même. Je peux aussi rétorquer “non, c’est toi qui est idiote ”. »

Dans une posture positive, il s’agit de comprendre le pourquoi de cette animosité envers soi.

« Sylvie, tu es une idiote. On avait rendez-vous pour midi et tu es arrivée pour midi et vingt ». Je peux répondre, « tu as l’aire fâchée. Tu aurais eu une nécessité d’être à l’heure ». Mais c’est son besoin de ponctualité. »

Tenter de comprendre le pourquoi de cette frustration la désamorcera créant de la bienveillance. « Tout conflit est l’expression tragique d’un besoin insatisfait », écrivait Marshall Rosenberg, dans son livre Dénouer les conflits par la Communication non violente, en 2006.

CAP Santé Outaouais propose des ateliers d’écoute empathique, les deuxièmes et quatrièmes lundis du mois.

CAP Santé Outaouais
819 771-2277
1 800 363-0718
capsante-outaouais.org

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca