Quand les femmes ne savent plus où aller

 Quand les femmes ne savent plus où aller

Il est souvent impossible pour les femmes victimes de violence en Outaouais d’avoir accès à un logement pour quitter une situation familiale difficile.

La maison L’Entour’elle, située à l’ouest de l’Outaouais, soulève la pénurie de logements et l’impact sur les femmes violentées qui éprouvent des difficultés.

Dans la région du Pontiac, l’organisme explique que les abris pour femmes se font rares. Ils ont été considérablement restreints à cause des consignes sanitaires liées à la pandémie actuelle. Le centre, qui détient habituellement neuf places, ne peut en offrir que trois en ce moment.

« En revanche, nous faisons beaucoup de suivis à l’externe, explique une responsable clinicienne, Ashley Nadeau. Notre ligne d’écoute 24/24 a été très sollicitée dernièrement. Nous accompagnons les femmes qui ne sont pas prêtes à quitter la relation abusive en mettant en place des filets de sécurité ou un plan de départ. »

Le lieu dispose d’intervenantes familiales et communautaires, dont les responsabilités sont de rencontrer les enfants traversant des crises familiales ainsi que d’informer les différents acteurs de la région. « On répond aux besoins, on s’ajuste », fait valoir Mme Nadeau, quant aux efforts déployés par l’organisme.

Cependant, leurs efforts se butent à plusieurs murs. La maison étant située en milieu rural, le transport collectif y est complètement absent. Le territoire est vaste et les ressources sont rares, explique la responsable.

Or, de tous les fardeaux, celui qui s’avère le plus lourd est le manque criant de logements disponibles. « Il n’y en a tout simplement pas. Déjà qu’ils se faisaient rares, maintenant, ils sont inexistants. Cela rend la situation difficile, car si les filles ont nulle part où aller, elles seront forcées de rester dans leurs relations destructrices. »

Il arrive que l’organisme doive refuser l’intégration de femmes, faute de lits disponibles. « Nous sommes une ressource d’hébergement à court terme, mais il se peut que nous devions garder les dames plus longtemps. Quand tout ce qu’il y a d’accessible comme logements sur le marché coûte 1 200 $ par mois et que notre cliente en fait 1 100 $… »

Les membres de l’équipe de l’organisme réfèrent certaines d’entre elles à des maisons de deuxième étape, où l’accueil est davantage à long terme. Toutefois, ces endroits se situent généralement à Gatineau. « Il y a des femmes qui ne voudront pas déménager si leurs enfants fréquentent l’école dans la région ou que les membres de leurs familles et amis sont ici. »

Pour connaître l’ensemble des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, vous pouvez consulter le site roxane.ca.

L’Entour’Elle

819 683-2709

Charlotte Leblanc-Haentjens

charlotte@journalles2vallees.ca