SAVA, un programme de bientraitance des aînés en Outaouais

 SAVA, un programme de bientraitance des aînés en Outaouais

Les intervenantes du SAVA, Josée Quesnel et Nancy Bruneau, accompagnent et soutiennent les aînés victimes d’abus, d’intimidation et de maltraitance.

Le programme de Soutien aux aînés victimes d’abus (SAVA) vise à favoriser la bientraitance grâce au dépistage, à l’accompagnement et au soutien des aînés vivant une 

situation inappropriée. 

« Ce programme a démarré en juin 2020, explique l’intervenante, Nancy Bruneau. Ce projet couvre l’intimidation, l’abus, la maltraitance, mais ne concerne pas le volet juridique. Ce projet a été rendu possible grâce à la Table pour contrer la maltraitance ainsi que plusieurs partenaires. On avait vu qu’il y avait un maillon manquant au niveau des services de première ligne. »

Le dépistage sur le terrain permet un contact direct. Après avoir établi un lien de confiance plus rapidement pour les aînés victimes d’abus, d’intimidation et de maltraitance, leur accompagnement et leur soutien se font selon le rythme et la volonté de la personne aînée.

L’un des mandats du SAVA consiste à identifier de façon précoce les abus et la maltraitance envers les aînés afin d’en atténuer les conséquences. D’ailleurs, contrairement aux idées préconçues, celle-ci prend plusieurs formes. Elle n’empêche pas le cumul de combinaisons malheureusement possibles.

Pour le gouvernement du Québec, il y a maltraitance quand un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, intentionnel ou non, se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause du tort ou de la détresse chez une personne aînée. 

« Il y a sept types de maltraitance, souligne l’intervenante du SAVA. Elle peut être psychologique, physique, financière, organisationnelle. On peut avoir de l’abus au niveau sexuel. Vous pouvez vous retrouver avec la violation des droits. Il y a aussi la discrimination, avec l’âgisme. »

Sur son site quebec.ca, une page dédiée à ce dossier explique ces sept aspects. Les distinguer permet de mieux comprendre la situation des séniors au quotidien qu’ils soient autonomes ou qu’ils requièrent des soins.

Il est question de maltraitance psychologique lorsque des gestes, des paroles ou des attitudes portent atteinte au bien-être ou à l’intégrité psychologique de la personne aînée. Quand un individu fait du chantage affectif, manipule, humilie, insulte, dénigre, menace verbalement, surveille à outrance, chacun de ces exemples est caractéristique de ce schéma. 

Dans le cas d’une atteinte au bien-être ou à l’intégrité physique de la personne aînée, le vocable de maltraitance physique s’applique. Bousculer, rudoyer, alimenter de force, administrer de manière inadéquate la médication, utiliser de façon inappropriée les contentions physiques ou chimiques, en constituent des exemples percutants.

Si ces deux premiers traits semblent identifiables par la population. Les cinq prochains types s’avèrent également importants.

La maltraitance à caractère sexuel porte atteinte à la personne aînée. En effet, le geste, l’action, les paroles ou attitudes sont non consenties. Elle se traduit ainsi par des mots avec des blagues ou des insultes à caractère sexuel. Elle peut aussi avoir la forme de comportements exhibitionnistes, de privation de l’intimité ou d’obligation à une promiscuité. Refuser de reconnaître l’orientation sexuelle ou l’identité de genre constitue d’autres exemples.

Moins connue, la maltraitance matérielle ou financière se caractérise par l’obtention ou utilisation frauduleuse, illégale, non autorisée ou malhonnête des biens ou des documents légaux de la personne aînée ou absence de données ou mésinformation financière ou légale.

Les illustrations les plus parlantes consistent à faire des pressions pour modifier un testament ou encore réaliser des transactions bancaires sans le consentement de la personne âgée. Le détournement de fonds ou de biens tout comme de demander un prix excessif pour des services rendus en constitue d’autres exemples, de ce que peut vivre un aîné de la part d’un proche ou d’une personne extérieure.

La maltraitance organisationnelle se trouve davantage dans une offre de services ou de soins d’un organisme. Elle concerne plutôt des procédures qui compromettraient l’exercice des droits et des libertés de la personne aînée.

L’offre de services pourrait être inadaptée aux besoins. La capacité organisationnelle pourrait être réduite ou le personnel mal formé ou non mobilisé.

L’âgisme consiste à discriminer en raison de son âge, la personne aînée. Il peut s’agir d’imposer des restrictions sur cette base, de l’infantiliser, d’ignorer des comportements âgistes, de mépriser l’aîné pour cette raison.

Enfin, il y a violation des droits lorsque ceux-ci ne sont pas respectés tout comme les libertés de la personne aînée, tant sur le plan individuel que social. Imposer un traitement médical, omettre de l’informer de ses droits ou de l’assister en ce sens s’avèrent des exemples aussi criants que de lui refuser le droit de recevoir des appels téléphoniques ou de la visite.

« Il y a toujours des indicateurs de violence ou de négligence dans les différentes formes de maltraitance », souligne l’intervenante du SAVA. 

L’initiative SAVA intègre l’offre de service du Centre Action Générations des Aînés de la Vallée-de-la-Lièvre. L’organisme, quant à lui, vise à favoriser leur autonomie en les soutenant, notamment, dans leur choix de demeurer à domicile. L’organisation communautaire rejoint actuellement près de 2 000 personnes âgées.

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca