Un centre d’immunodéficience en Outaouais

 Un centre d’immunodéficience en Outaouais

La journée mondiale contre le SIDA vise à démystifier le VIH et invite les gens à se faire dépister, mais rappelle aussi qu’il touche toute la population.

Bien que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) soit un mal incurable, la longévité des personnes atteintes s’est accrue avec le temps. En 2021, plusieurs vivent désormais leur soixantaine et relèvent les mêmes défis de l’âge que d’autres aînés.
L’infirmière clinicienne du Centre d’immunodéficience de l’Outaouais, Lucie Dufour, énonce les ressources disponibles dans la région.
« Dans les années 80, il y avait juste le traitement AZT et l’espérance de vie était de trois ans. Aujourd’hui, elle est quasi la même que pour le reste de la population. La trithérapie se fait en une pilule avec peu ou pas de complications. On est loin de la prise de 25 médicaments au quotidien. »
En effet, pour la plupart des personnes vivant avec le VIH, la thérapie antirétrovirale (TAR) réduit la quantité de ce virus dans le corps et conduit le système immunitaire à se rétablir partiellement.
« Depuis plusieurs années, on est capable de bien gérer l’accouchement, pour que le bébé naisse négatif, lorsque la mère est séropositive au VIH, ajoute-t-elle. Le dépistage est rendu obligatoire. Il fait partie du bilan initial de grossesse. Cela permet de prévenir ce qu’on appelle la transmission verticale, soit de la mère à son nouveau-né, qu’on parle d’hépatite C, de VIH ou n’importe quel virus. »
Cependant, même si les avancées de la science ont accru la qualité de vie des patients traités et limitent les risques, il est encore possible de la transmettre, en l’absence
d’un dépistage.
Le Centre d’immunodéficience de l’Outaouais offre d’ailleurs ce service parmi d’autres ressources aux personnes séropositives et immunodéficientes. La clinique ambulatoire fait le suivi des gens séropositifs ainsi que des femmes enceintes qui craignent d’avoir contracté le VIH.
Le centre offre ainsi la prophylaxie post-exposition (PPE) en fonction du contexte de transmission. Dans le cadre de leur travail, les professionnels qui manipulent des aiguilles peuvent se piquer accidentellement en exercice. Il est aussi possible d’être en contact avec d’autres fluides biologiques, comme le sang ou la salive.
Plusieurs métiers s’avèrent alors concernés par cette éventualité. C’est notamment le cas des infirmières, tout comme le personnel carcéral, des thérapeutes, le corps professoral ou les préposés aux bénéficiaires.
« C’est pour prévenir la transmission du VIH, explique la clinicienne. La PPE professionnelle est un médicament administré s’il y a lieu, après une exposition à des fluides biologiques, pour une durée maximale de 28 jours. »
Il existe aussi la PPE sexuelle, lorsqu’une personne a une relation et qu’elle est informée, après coup, que son partenaire était séropositif, à risque ou porteur. La personne inquiète se présente par conséquent à l’urgence. Après son évaluation puis sa prise en charge, elle sera ensuite dirigée dans les sept jours au Centre d’immunodéficience de l’Outaouais en vue d’un traitement.
« La prophylaxie préexposition (PrEP) est un outil de plus pour se protéger du VIH, en plus du préservatif, » souligne-t-elle.

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca