Une diversité d’hébergements selon les besoins de chacun

 Une diversité d’hébergements selon les besoins de chacun

L’Outaouais compte 14 CHSLD publics et 2 privés conventionnés à but lucratif, en plus de ses 25 ressources non institutionnelles (RNI).

Parler de résidences pour aînés amène à en démêler les acronymes comme les usages divers. Contrairement aux idées préconçues, que l’on évoque les établissements publics ou privés, chaque type de structure correspond à une nécessité et offre des services spécifiques en lien avec une clientèle propre.
Le directeur du Programme Soutien à l’autonomie des personnes âgées au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Benoit Major, a accepté de faire le point sur les différentes propositions envisageables, selon la situation de chacun.
« Le premier souhait est de répondre aux besoins des personnes âgées, indique-t-il d’entrée de jeu. Si chacun désire rester à la maison, on veut être à même de le réaliser. On a des équipes de soins à domicile, on peut donner beaucoup de services. On est capable d’aller chez les gens, tous les jours, pour les laver, les habiller, les faire manger. »
Certains usagers, encore chez eux, bénéficient de près de 14 à 16 heures de services quotidiens. Cependant, le désir de la personne âgée peut varier. Puisque ce choix lui incombe, certains préfèrent déménager dans une résidence adaptée.
« Ce qu’on constate le plus, c’est que les gens veulent demeurer à domicile le plus longtemps possible, ajoute le gestionnaire. Dans le continuum de l’hébergement, c’est le premier élément. »
Quatre entreprises d’économie sociale en aide-domestique se partagent le territoire :
• Le Mont d’Or pour le territoire du Pontiac
• La Coopérative de solidarité en aide
• domestique de la Vallée-de-la-
• Gatineau pour le territoire de la Vallée-
• de-la-Gatineau
• Remue-ménage de l’Outaouais pour
• les territoires de Gatineau et une
• portion des Collines
• La Coop des 1001 corvées pour le
• territoire de Papineau
S’il y a impossibilité de demeurer à la maison pour une raison quelconque ou s’il y a une volonté d’intégrer un hébergement, plusieurs perspectives sont à distinguer.
Il existe des résidences privées et des centres d’hébergement à soins de longue durée (CHSLD). Dès lors, si rester à domicile n’est pas projeté, loger dans une résidence pour aînés (RPA) constitue le second volet de ce continuum.
« Les gens déterminent de payer un loyer dans une RPA, poursuit-il. Ce sont des entreprises privées. C’est comme si je décidais d’aller vivre dans un condominium, mais avec l’offre de certains services. »
Dans le cas de la RPA, la personne signe un bail avec la résidence de son choix. Il en existe quatre catégories, selon le niveau de soins offerts. À raison de services maximums, cela implique la présence d’une infirmière sur place. Cette gradation est achetable. Le bail inclut donc des services de différentes natures, en fonction de son besoin et ce qu’elle veut se payer.
« Au-delà de ce qui est proposé par la résidence privée, les aînés demeurent admissibles à la même gamme de soins à domicile offerts, mentionnés. »
Par exemple, un résident de RPA paye un loyer dans un établissement privé, catégorie 4. Il y aura donc des soins infirmiers sur place. Dans le bail, il peut obtenir le service de médication, donc la personne n’aura pas à s’en occuper. Parallèlement, si une plaie requiert d’être nettoyée, en dehors de soins réguliers, une infirmière du service à domicile public pourrait intervenir.
« Si une personne âgée en résidence privée achète un service d’hygiène d’une occurrence hebdomadaire dans le cadre de son bail, une préposée de la résidence va venir l’assister pour prendre sa douche ou son bain. Mais si elle avait besoin de quelqu’un pour l’aider deux ou trois fois par semaine, l’équipe du service à domicile pourrait dans ce cas intervenir avec la personne âgée, pour compléter. »
Le continuum se fait alors dans les troisième et quatrième étapes dans l’hébergement public, dont notamment les CHSLD.
« Le CHSLD constitue le quatrième niveau, explique le gestionnaire. Le troisième stade est ce qu’on appelle l’hébergement dans les ressources non institutionnelles (RNI). »
La RNI se distingue du CHSLD, dans la mesure où un contrat est signé entre l’État et un exploitant. Dans celui-ci, certains services vont être achetés. Le tout est standardisé par un cadre de référence ministériel, iso-SMAF. Celui-ci constitue un système de mesure de l’autonomie fonctionnelle.
« Dans une ressource non institutionnelle, la personne est hébergée. Le loyer qu’elle verse est normé par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Sur le site de la RAMQ, il est possible de le calculer en fonction de ses revenus. »
En Outaouais, 25 RNI sont disponibles, réparties dans l’ensemble du territoire. 450 personnes âgées jouissent de ce modèle. Ces structures fournissent des soins d’assistance comme le lavage, l’habillage, l’alimentation, par la mise en place de préposés aux bénéficiaires ou d’infirmières auxiliaires.
La RNI doit proposer ce service. Toutes les prestations professionnelles d’infirmières, d’ergothérapeutes, de travailleuses sociales sont offertes, quant à elles, par l’équipe du CISSS de l’Outaouais.
Les RNI et les CHSLD accueillent des aînés en perte d’autonomie physique ou avec des troubles neurocognitifs. Les ressources non institutionnelles logent les cas moins lourds.
« La personne que nous recommanderions vers une RNI, c’est parce que son niveau de perte d’autonomie est moindre que celle, par exemple, qui aurait besoin d’aller dans un CHSLD. Une grille d’évaluation est utilisée partout au Québec pour tout le volet d’hébergement public. »
Les CHSLD se déclinent en établissements publics, privés conventionnés et privés. L’Outaouais compte 14 CHSLD publics et 2 privés conventionnés à but lucratif.
« Le mot conventionné réfère au fait que les personnes logées à cet endroit sont considérées en hébergement public. Elles vont avoir droit à des services et des critères de qualité, normés et équivalents. Les employés ont les mêmes conditions de travail et une convention collective similaire à celle du réseau public. »
Le 811, option 2, s’avère une ressource pour permettre à la personne âgée et sa famille à en savoir plus et à se préparer en constatant une dégradation de l’autonomie physique ou cognitive de son parent.

Isabelle Yde

isabelley@journalles2vallees.ca